I- LE PLAN NATIONAL DE LA MILDT 2005-2010Face aux risques, tant de santé publique que de sécurité que font courir des consommations d’alcool, de tabac ou de drogues illicites, à la population française, l’Etat a engagé une action déterminée utilisant tous les leviers de l’action publique et l’ensemble des acteurs sociaux. Créer à l’école une prévention précoce, intense et à tous les niveaux de scolarité a notamment été défini comme une urgence.
L’action gouvernementale est guidée par des objectifs clairs et complémentaires : réduire les consommations et réduire l’offre. Elle veut respecter certains principes qui sont de l’ordre de :
- l’efficacité qui impose de rendre des comptes et par la même d’évaluer les différents dispositifs ; - la méthode qui doit s’appuyer sur des bases scientifiques afin de conduire un travail de pédagogie et de responsabilisation auprès des citoyens ; - la conviction afin de rendre plus fortes les actions indissociables de prévention, réduction de l’offre et réduction de la demande ; - la promotion de valeurs humaines induisant respect et refus de toute stigmatisation des personnes.
Le plan défini à partir de cette volonté a fixé cinq orientations générales :
- Un objectif global, mais des stratégies spécifiques Il doit être tenu compte des caractéristiques propres de chaque produit, des déterminants des conduites et des phénomènes culturels et générationnels dans lesquels s’inscrivent les consommations ; - Un système de soins plus accessible et plus efficace Afin de s’adresser aux personnes dépendantes ou en risque de le devenir, le système de soins doit pouvoir repérer l’usage nocif de produits addictifs et accompagner la sortie de la dépendance par le renforcement de l’offre de coordination des soins. Ainsi seront créées des communautés thérapeutiques, adaptés de façon continue les programmes de substitution et expérimentés des programmes innovants. Cette démarche devra aboutir à la création de centres de référence en addictologie ; - Le rétablissement de la portée de la loi L’application de la loi contribuera aux objectifs généraux de prévention (lutte contre les trafics, interpellation pour usage, orientation vers des services appropriés) et de sécurité et santé publique (amélioration de la sécurité routière, dissuasion des usages) Un des points forts de cet axe est constitué par les orientations prises pour recentrer et renforcer l’efficacité des conventions départementales Justice - Santé et les conventions d’objectifs, à la suite du bilan national qui a été effectué. - Une coopération européenne et internationale amplifiée L’action internationale doit tendre à une harmonisation des politiques et doit passer par une coopération avec les pays de production et de transit afin de lutter contre les trafics.
Il est bien entendu que ce plan quinquennal fait l’objet d’un suivi et d’une évaluation à partir d’un ensemble d’indicateurs chiffrés, traduits dans un tableau de bord.
II- LE PROJET DEPARTEMENTAL A – Les problématiques spécifiques et les besoins repérés
Les différentes réflexions partagées pendant quatre mois, fin 2005, ont souligné les problèmes spécifiques du département et ont fait l’objet d’un diagnostic préalable au plan d’action.
Les besoins d’amélioration suivants ont été tout particulièrement repérés :
- les communications interne et externe ;
- la mutualisation et la coordination des moyens permettant : • le renforcement de l’efficacité des structures et des postes • des structures d’information et de documentation partagées • le renforcement des équipes pluridisciplinaires (bio-psycho-éducative-sociale) • un temps de travail praticien partagé au sein des structures du Réseau
- la proximité territoriale et une meilleure distribution de l’offre : • les consultations CANNABIS et / ou ALCOOL en proximité territoriale
- l’évaluation partagée, les méthodes, outils et procédures
- la diversification des acteurs du Réseau en fonction de besoins fortement ressentis ou émergeants : • dépendances fortement installées avec co-morbidités psychologiques voire psychiatriques • précarité et addictions, publics en difficulté, cumul des handicaps et repérage complet des structures socio - sanitaires d’accompagnement social • entreprises et addiction, un territoire spécifique et des enjeux ; • alcoolisme et personnes âgées • sport et dopage, jeunes aux prises avec les addictions hors système scolaire
B – Les Enjeux
=> La définition du type de réseau et d’une structuration la plus adaptée à la situation altiligérienne : coordination et mutualisation de moyens, recherche de cohérence.
- Asseoir le cadre du Réseau et recruter son (sa) coordonnateur (trice) ;
- Offrir des réponses de proximité et une meilleure répartition territoriale des services ; - Conventionner certaines dimensions avec le Réseau régional • informatique ; • plan formation ; • outils d’évaluation ; • etc. ;
- Bénéficier des crédits DRDR, (ARH, URCAM) plus orientés sur le volet sanitaire et l’offre de soins et les crédits MILDT sur la prévention et la répression des trafics;
- Elaborer, en concertation, la charte du Réseau et les protocoles fonctionnels, évaluables, pour une meilleure lisibilité, la qualité et la continuité des soins grâce à l’articulation des efforts des équipes « soignantes », au sens large « bio psycho éducatives et sociales »
- Utiliser le cadre des conventions départementales d’objectifs pour élargir la réflexion institutionnelle à de nouveaux secteurs autres que la Justice : on pense notamment aux services départementaux de l’Education Nationale et à la direction de la Vie Sociale (DIVIS) / Aide Sociale à l’Enfance (ASE) du Conseil Général ;
=> La communication interne et externe, les outils d’information pour une lisibilité optimum.
=> La couverture territoriale à améliorer : - S’appuyer sur 4 Pôles territoriaux locaux et comités techniques d’appui : CHRS Brioude, « Addictosucs » Yssingeaux, avec un sous - échelon au Chambon sur Lignon (CREEMS), PAEJ de Monistrol-sur-Loire en lien avec le secteur Psychiatrique, et CCAA au Puy en Velay
=> L’accompagnement des initiatives locales et des innovations : - Co-construction de conventions fonctionnelles qui concrétisent et précisent les conventions cadres institutionnelles
=> La formation continue des acteurs (notamment médecine de ville) avec un accent sur les modules de formation au RPIB ( Repérage précoce et l’intervention brève).
=> Les autres besoins émergeants à prendre en compte, notamment : - Le renforcement de la synergie avec la Sécurité routière et le PDASR ; -Le renforcement de la prise en charge des dépendances installées avec problèmes psychologiques ou psychiatriques associés, dans le cadre du nouveau projet d’Etablissement à l’Hôpital Psychiatrique Sainte Marie du Puy-en-Velay ; - Le soutien à l’information et à l’écoute psychologique des publics précaires, parents en difficulté, au travers des groupes de paroles, des réseaux parentalité, et autres points d’écoute, avec les acteurs du social : assistants sociaux de secteur, éducateurs de prévention, équipes sociales ou de prévention de la Mutualité Sociale Agricole, MGEN, Mutualité Française, etc. .
=> L’évaluation à l’interne du processus et du dispositif.
=> L’évaluation externe des résultats et d’impact territorial.
C – Les Axes Prioritaires :
1. Coordonner, développer et diversifier le Réseau d’acteurs
2. Observer, informer et prévenir : Observer, centre ressources - informer communiquer - éducation à la santé en milieu scolaire - prévention
3. Développer et renforcer l’offre de soins et son organisation
4. Poursuivre et optimiser la collaboration Justice- Santé
5. Développer la collaboration avec la Sécurité routière et coordonner avec le PDASR
6. Evaluer le dispositif et son impact Ces axes sont définis dans 45 fiches actions
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